Chaque année, de nombreux mineurs isolés, orphelins ou victimes de violences sont pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Malheureusement, ce dispositif s’arrête à 18 ans, livrant à eux-mêmes ces jeunes déjà fragilisés par un lourd passé. Des organismes de protection de l’enfance tels que la MOCF prennent alors le relais pour leur apporter un soutien moral et financier, et les accompagner sur le chemin de l’autonomie.

Le rôle de l’aide sociale à l’enfance

L’aide sociale à l’enfance est un service départemental chargé de la protection des mineurs en danger. Elle a pour mission principale de repérer et traiter les situations qui présentent un risque pour la santé, la sécurité, la moralité, l’éducation ou le développement de l’enfant (article L221-1 du Code de l’action sociale et des familles).

Elle peut notamment mettre en place une aide à domicile pour assister les familles qui ont du mal à élever seules leurs enfants. Dans les cas les plus graves (violences au sein du domicile, décès des parents, etc.), le juge peut ordonner le placement à l’ASE. Le jeune est alors hébergé dans un établissement d’accueil collectif ou dans une famille d’accueil, de manière temporaire ou bien jusqu’à sa majorité.

L’ASE a donc un rôle crucial dans la protection des enfants, en particulier des orphelins. Hélas, le passage à l’âge adulte marque la fin des prestations d’hébergement et de soutien.

Un accompagnement qui s’arrête à 18 ans

À ce jour, le « contrat jeune majeur » est la seule aide disponible pour les 18-21 ans, mais ses conditions d’attribution sont tellement restrictives et aléatoires que très peu de jeunes en profitent réellement. Le revenu de solidarité active (RSA), quant à lui, n’est accessible qu’à partir de 25 ans.

Un dénuement quasi total attend donc les jeunes à la sortie de l’ASE. Une situation dramatique, vécue comme un ultime abandon, et dont l’issue est bien souvent la rue. Selon l’INSEE, près du quart des personnes sans domicile fixe en France sont d’anciens enfants placés !

Face à ce constat inacceptable, les associations réclament depuis des années un meilleur accompagnement pour les majeurs sortants de l’ASE. Début 2021, le secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles, Adrien Taquet, a annoncé la création prochaine d’une allocation mensuelle de 500 euros et d’une aide à l’insertion professionnelle. Une lueur d’espoir, certes, mais qui reste pour le moment au stade de projet. Alors en attendant, la Mutuelle des orphelins Charles-Edmond Flamand se mobilise pour pallier ce vide juridique et compléter les actions de l’aide sociale à l’enfance.

Le soutien de la MOCF aux orphelins

Trouver un logement, poursuivre des études, effectuer des démarches administratives ou encore obtenir un emploi sont autant d’objectifs difficiles à réaliser pour les jeunes privés de ressources familiales. C’est pourquoi la MOCF mène des actions concrètes d’accompagnement vers l’autonomie, avec l’appui de ses bénévoles et adhérents.

Elle verse par exemple à ses pupilles une allocation appelée « rente orphelin », disponible jusqu’à l’âge de 25 ans. Ce versement, dont le montant peut atteindre 4698 euros, permet aux jeunes de subvenir à leurs besoins essentiels et de conserver la dignité à laquelle ils ont droit, y compris après la majorité.

La MOCF offre également une dotation mariage de 500 euros accessible jusqu’à 30 ans, destinée à financer l’installation en couple. Enfin, elle propose une aide psychologique pour soutenir les orphelins dans la douloureuse épreuve du deuil, et les encourage à poursuivre leurs études malgré les difficultés rencontrées.

La lutte contre la précarité étudiante

Entre les pertes d’emplois dues aux confinements successifs, les privations matérielles et alimentaires, l’isolement social et la détresse psychologique, la crise sanitaire de la Covid-19 a considérablement dégradé la situation déjà délicate des étudiants. Pour lutter contre le fléau de la précarité étudiante, la MOCF accorde à ses pupilles un prêt d’honneur à taux zéro, un coup de pouce qui permet aux jeunes de se projeter dans un avenir professionnel.

Elle collabore également avec d’autres organismes pour mener à bien sa mission de protection de l’enfance. Par exemple, elle a récemment fait don de 7 postes de travail à l’association Entraide Scolaire Amicale, afin de la soutenir dans l’accompagnement bénévole des étudiants défavorisés et dans son combat contre l’échec scolaire.

On le voit, le chemin des orphelins vers l’autonomie est semé d’embûches, et la fin des aides sociales à 18 ans constitue un frein supplémentaire à lever. La MOCF s’engage auprès des jeunes pour faire vivre la solidarité et l’égalité des chances sur le long terme.